Découvrez l'essentiel du pictorialisme : ses origines, son histoire, ses procédés techniques, ses caractéristiques, ses représentants principaux, etc.
Le pictorialisme en un coup d'oeil
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Le pictorialisme, qu'est-ce que c'est ?
Le pictorialisme marque les débuts de l'histoire de la photographie, il s'étend des années 1880 à 1914. Ce courant artistique né dans l'Angleterre victorienne acquiert rapidement une portée internationale. Le nom de pictorialisme empreinte au mot anglais "pictorial" (image en français), mais aussi au mot français "pictural" qui relie cette pratique photographique à la peinture.
Les photographes pictorialistes revendiquent une utilisation artistique du médium. Ils interprètent la nature, interviennent sur la composition du cliché et utilisent le processus du tirage pour développer une esthétique singulière. Le tirage, étape clé, est réalisé grâce à des techniques alternatives qui utilisent des matériaux gras comme le bromoil (tirage à l’huile sur papier bromure suivi d’un encrage manuel) ou encore la gomme bichromatée (émulsion de gomme arabique sensibilisée au bichromate de potassium). Les photographies obtenues sont toutes différentes et uniques.
Les pictorialistes s'opposent à une vision documentaire du monde, ils ont pour objectif de produire une image subjective du réel, qui reflète leur sensibilité et leur imagination. Trouvant son inspiration dans la peinture, la photographie pictorialiste vise à s’élever au rang des beaux-arts, en reprenant ses codes esthétiques et quelquefois techniques. Certains critiques d'art reprochent précisément aux photographes pictorialistes de s’attacher aux beaux-arts et d’en imiter les codes, rendant difficile la reconnaissance de leur travail et de leur esthétique.
« Certains nient que l'art et la photographie puissent se mélanger, et ils tournent en dérision l'idée selon laquelle la connaissance des principes de l'art puisse être utile au photographe. »
Préface de Pictorial effect in Photography, Henry Peach Robinson, 1869, p16.
Les origines
Dans les années 1850, la bonne société de l’Angleterre victorienne se divertit en mettant en scène des allégories, des grands thèmes littéraires ou religieux au cours de soirées et de bals costumés. Des photographes, qui ont débuté comme peintres, tel qu’Oscar Gustave Rejlander (1813-1875), Henry Peach Robinson (1830-1901) ou William Lake Price (1810-1896), décident de figer ces tableaux vivants avec leur chambre noire.
Ces photographes trouvent une grande inspiration dans le mouvement préraphaélite qui se développe en parallèle dans la peinture anglaise. À partir de 1848, un petit groupe de peintres décide de revendiquer un retour à un art plus authentique et moins académique, tel qu’il existait avant l’influence majeure de Raphaël sur la Renaissance italienne. Les œuvres des préraphaélites s’intéressent alors aux figures religieuses ou littéraires, issues de la poésie de l’époque romantique, qui prend elle-même son inspiration dans le Moyen-Âge ou la Renaissance.
Les photographes, tout autant fascinés par l’idée d’un passé fantasmé, reprennent les sujets des peintres préraphaélites en les adaptant à leur médium. En photo ou en peinture, les deux sœurs de la pièce de Shakespeare, Comme il vous plaira, se distinguent par la forte expressivité de leur visage et leur costume d'époque.
Pour créer des scènes complexes, les photographes réalisent des photomontages en superposant plusieurs négatifs de divers modèles costumés. Réalisée en 1857 grâce à plus d’une trentaine de négatifs, The two ways of life de Rejlander, qui oppose les attraits du vice à ceux des vertus, devient l’image manifeste du mouvement, achetée par la reine Victoria pour son époux.
Pour accentuer l'illusion produite par les manipulations techniques, les photographes costument leurs modèles avec des accessoires et vêtements d’un autre temps. Photographes amateurs dans leur temps libre, mais non démunis de compétences techniques et de moyens, Lewis Carroll (1832-1898) (l’auteur des Aventures d’Alice au pays des merveilles), Lady Clementina Hawarden (1822-1865) ou encore David Wilkie Wynfield (1837-1887) composent des images oniriques, comme autant de facettes de l’univers fantastique qu’ils créent, photographie après photographie.
De ces années 1860-1870, Julia Margaret Cameron (1815-1879) en est probablement la représentante la plus iconique. Malgré une initiation tardive à la photographie, à 48 ans, elle devient membre de la Photographic Society of London l’année suivante. Elle est alors exposée en Angleterre puis progressivement en Europe où elle accède à la reconnaissance de ses pairs. Ses photographies, principalement des portraits, sont empreintes d’une esthétique vaporeuse et portent les rayures, bavures et traces de ses tirages successifs. Cameron fait poser son entourage devant l’objectif et transforme la réalité en fiction en s’inspirant des récits bibliques, mythologiques et littéraires.
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Le musée d'Orsay revient sur les liens entre peinture et photographie au milieu du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Des oeuvres préraphaélites sont mises en regard avec des photographies victoriennes, qui reprennent et adaptent méthodes et influences. La pratique de plein air, ainsi que le goût pour le détail caractérisent ces portraits et ces scènes peintes et photographiées, inspirées par la poésie, l'histoire et la religion ou encore la vie moderne.
https://www.musee-orsay.fr/fr/agenda/expositions/presentation/une-ballade-damour-et-de-mort-photographie-preraphaelite-en-grande-bretagne-1848-1875 -
Ce dossier réalisé par le Jeu de Paume rassemble des éléments de documentation, d’analyse et de réflexion sur la production photographique de Julia Margaret Cameron. Sa carrière débute en 1863 lorsqu'elle reçoit son premier appareil photographique, elle a alors quarante-huit ans. Ses proches servent de modèles pour ses clichés à l’esthétique vaporeuse, qu'elle range en trois catégories : « portraits », « madones » et « sujets d’imagination ». Inspirée par la Bible, la mythologie, la littérature d’Alfred Tennyson et de Shakespeare, Cameron rencontre le succès et se fait exposer en Grande-Bretagne comme à l’étranger.
https://jeudepaume.org/wp-content/uploads/2023/10/Dossier-DD-JM-CAMERON-WEB.pdf
D’un mouvement européen…
Grâce aux progrès technologiques des années 1880, de nouveaux appareils photographiques instantanés de plus petit format apparaissent sur le marché et démocratisent la pratique chez les amateurs. Ils remplacent progressivement les grandes chambres sur pied, qui étaient peu adaptées au transport, et ils réduisent considérablement le temps de pose. En 1870, les modèles de Julia Margaret Cameron devaient patienter sans bouger entre 3 et 7 minutes devant l’objectif pour une seule prise de vue.
Le premier Kodak voit le jour en 1888 et s’emporte plus facilement partout grâce à sa bobine de films, qui permet une centaine de prises de vue. Cependant, son prix restreint le nombre d’acheteurs : pratiquer la photographie reste un privilège réservé aux classes moyennes et à la bourgeoisie de la fin du XIXe siècle.
Dans ce contexte, revendiquer la photographie comme un art devient un moyen de se distinguer socialement. En Europe, les amateurs éclairés se réunissent au sein de clubs : le Linked Ring à Londres, le Photo-Club de Paris, le Photo-Club de Marseille, le Camera Club de Vienne… Ces artistes-photographes pictorialistes ont du temps et de l'argent pour s'adonner à leur passion et organiser leurs propres expositions. Parallèlement, la presse consacrée à la photographie se développe et participe à la diffusion internationale du pictorialisme.
Robert Demachy (1859-1936), connu comme l’un des chefs de file du mouvement pictorialiste en France, participe aux côtés de Constant Puyo au comité de rédaction du Bulletin du Photo-Club de Paris, qui deviendra en 1903 la Revue de photographie. Ses photographies sont marquées par une atmosphère brumeuse, un flou caractéristique du pictorialisme. Pour Demachy, ce résultat est obtenu lors du tirage, réalisé sur du papier préparé à la gomme bichromatée. C’est un procédé pigmentaire qui permet de travailler sur les niveaux de gris du cliché en fonction du temps d’exposition et de créer du mouvement en grattant certaines zones. Volontairement recherché par les photographes pictorialistes, le choix esthétique du flou tranche avec le goût naturaliste pour la netteté qui reste prédominant à cette époque.
Brièvement élève de Demachy, Céline Laguarde (1873-1961) a pu apprendre cette technique à la gomme bichromatée et donner ce caractère évanescent à sa production, principalement consacrée à la représentation de figures féminines. Ses modèles apparaissent alors comme des héroïnes de fiction, personnages presque surnaturels, entre piété et sensualité. Honorée par le statut de correspondante du Photo-Club de Paris, elle garde toutefois un ancrage dans son Sud natal en photographiant des paysages qui proposent une vision mélancolique d’une nature idéale et atemporelle.
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Cette étude du site "L'Histoire par l'image" analyse des photographies de Robert Demachy, Edward Steichen et Alvin Langdon Coburn, qui illustrent la diversité du mouvement pictorialiste.
https://histoire-image.org/fr/etudes/photographie-pictorialiste?i=652 -
Le Musée d'Orsay propose un dossier sur la photographe française Céline Lagarde, acclamée par la critique de son temps mais vite oubliée par la postérité. Proposant un regard nouveau sur le pictorialisme, cette rétrospective de l'oeuvre de Lagarde, est aussi la première dédiée à une artiste photographe française ayant été active avant la Première Guerre mondiale. Ce dossier donne à voir les évolutions et permanences, les influences et dialogues mais aussi l'originalité et les spécificités qui caractérisent l’œuvre de Laguarde. Portraits, études de figures et paysages permettent de mesurer la réputation de virtuose acquise par la photographe dans le domaine des procédés pigmentaires, encore considérés aujourd’hui parmi les techniques de tirage les plus complexes et sophistiquées.
https://www.musee-orsay.fr/fr/agenda/expositions/presentation/celine-laguarde-1873-1961-photographe
... à un mouvement international
Après avoir participé au Camera Club de Vienne, Alfred Stieglitz (1864-1946) introduit le mouvement pictorialiste aux États-Unis. À New York, il fonde en 1902 le groupe Photo-Secession (Alvin Langdon Coburn, Frank Eugene, Gertrude Käsebier), puis en 1903 une revue qui sera un organe majeur de diffusion du pictorialisme, Camera Work.
En 1905, Stieglitz ouvre, avec Edward Steichen, la Galerie 291 pour exposer des artistes photographes, mais aussi peintres et sculpteurs de l’avant-garde européenne : Rodin, Matisse, Picasso, Cézanne.
Pour Stieglitz, la photographie doit incarner un renouveau artistique, fondateur de l’identité culturelle américaine. Dans ses clichés, il ne cherche pas à imiter une représentation de la réalité mais plutôt à donner à voir le réel à travers son regard.
Il existe de nombreux échanges transatlantiques entre les pictorialistes européens et américains, Stieglitz agissant comme un pont entre les deux continents notamment grâce à Camera work où il publie, par exemple, des images du photographe autrichien Heinrich Kühn (1866–1944) aux côtés de clichés du photographe américain Frank Eugene (1865-1936).
Edward Steichen (1879-1973), peintre puis devenu photographe dans le sillage de Stieglitz, entretient également un lien fort avec les artistes d’autres domaines, notamment en France avec le sculpteur Auguste Rodin. Dix ans après le scandale du Monument à Balzac, il réalise une campagne photographique autour de cette œuvre, la faisant ressembler à une ombre menaçante dans la nuit.
Nostalgique des temps de la conquête vers l'Ouest américain, l'aventurier anthropologue Edward Sheriff Curtis (1868-1952) mène à partir de 1907 une campagne photographique à l’esthétique pictorialiste pour documenter les tribus amérindiennes qu'il rencontre. Bien qu'asservis par les colons blancs dans les réserves et acclimatés à la modernité occidentale, les Natifs américains sont mis en scène par le photographe pour correspondre à ce qu'il imagine être leur mode de vie primitif à travers des portraits serrés en costumes traditionnels ou des scènes de chasse au bison.
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Un dossier du Musée d’Orsay retrace l’aventure américaine du pictorialisme et de son représentant le plus ambitieux : Alfred Stieglitz. Ce dernier ne fut pas seulement l'un des plus grands noms de la photographie du XXe siècle, passant d'une photographie inspirée par la peinture à une photographie qui ne cherche pas à être autre chose qu'elle-même. Depuis sa Galerie 291 située sur la 5e Avenue, il fit connaître les avant-gardes européennes, de Cézanne à Brancusi, et devint en quelques années le promoteur d'une modernité qui se voulait proprement américaine.
https://www.musee-orsay.fr/fr/programme/agenda/expositions/presentation/new-york-et-lart-moderne-alfred-stieglitz-et-son-cercle-1905-1930 -
En 1898, la réception du plâtre Monument à Balzac est l’occasion d’une vive polémique, provoquée par le refus de l’œuvre par la Société des Gens de Lettres, qui en est le commanditaire. Le portrait de l’auteur n’est pas jugé assez monumental et ressemblant, Rodin a voulu sculpter un portrait moral, avec ses zones d’ombres et de lumières. Paradoxalement, c’est grâce à ce scandale que la rencontre entre le sculpteur français et le photographe américain Edward Steichen a lieu, rencontre qui donnera naissance en 1908 à une série de clichés de nuit, rattachés au mouvement pictorialiste.
https://www.musee-rodin.fr/ressources/rodin-et-artistes/edward-steichen -
En 1981, le musée du Nouveau Monde de La Rochelle a procédé à l'acquisition de 267 héliogravures du photographe américain Edward Sheriff Curtis. Ces tirages sont issus de l'ambitieux projet intitulé The North American Indian, oeuvre d'une vie couvrant l'étude de plus de 80 tribus amérindiennes sur toute la moitié ouest de l'Amérique du Nord. Cette somme documentaire envisagée par Edward S. Curtis comme une mémoire écrite et pérenne de peuples menacés de disparition porte aussi la marque de son auteur par ses partis pris esthétiques et son regard. Cette exposition virtuelle donne accès à la consultation de la totalité de la collection rochelaise numérisée tout en évoquant l'aventure de ce vaste projet (en temps, moyens et distances parcourues).
http://www.alienor.org/publications/curtis/index.php
La fin d’une ère ?
Avec l’avènement de la Première Guerre Mondiale, le mouvement pictorialiste s’éteint progressivement. La recherche esthétique et créative n’est plus compatible avec la réalité violente et cruelle du conflit. Alfred Stieglitz s'éloigne du pictorialisme pour promouvoir une photographie "pure" la Straight photography au côté du photographe américain Paul Strand (1890-1976).
Dans les années 1930, quelques photographes de San Francisco fondent le Groupe F/64. Ils s’engagent en faveur d’une photographie artistique moderne qui rejette - en réaction au pictorialisme - tout lien avec la peinture, à la fois dans les inspirations et les techniques. C’est la prise de vue qui doit apporter un regard original sur le réel, notamment grâce à la plongée et aux reflets sur l’eau, les vitres ou les miroirs. Les fondateurs principaux du mouvement, Edward Weston (1886-1958) et Ansel Adams (1902-1984), accordent respectivement une place importante aux natures mortes et aux parcs nationaux américains.
Au contraire, l’aspect pictural de la photographie va être réinterprété par des artistes contemporains. Sally Mann (1951-), photographe américaine, réemploie des techniques de tirage et du matériel photographique utilisés par les pictorialistes. Comme Julia Margaret Cameron, elle consacre le début de sa carrière à réaliser des portraits d'enfants, en travaillant la mise en scène pour rendre compte de leur spontanéité et de leur liberté. L'influence pictorialiste est également présente dans certaines pratiques contemporaines de photographie plasticienne.
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Au début des années 1930, Paul Strand et Henri Cartier-Bresson séjournent successivement au Mexique. Le premier est déjà l’un des représentants de la photographie moderne à New York, le second encore un jeune photographe ambitieux. Le Mexique, où art et politique sont alors en débat, constitue pour tous deux une étape déterminante.
La passionnante confrontation de deux photographes majeurs du XXe siècle autour d’un même sujet permet de questionner plusieurs aspects de l’histoire de la photographie et plus généralement de l’histoire de l’art.
http://lepointdujour.eu/wp-content/uploads/2017/11/brochure_pe_dagogique_cartier_bresson_strand_.pdf -
Le Jeu de Paume propose plusieurs ressources sur la photographe américaine Sally Mann afin de (re)découvrir les différentes séries qui ont ponctué la carrière de la photographe. Le guide de l'exposition revient brièvement sur les thématiques du rapport à la famille, à la terre, à l'histoire du Sud des Etats-Unis, à la question raciale, au vieillissement et à la mort tandis qu'un article commente plus en détail quatre de ses photographies. De nombreuses vidéos doublées ou sous-titrées en français viennent compléter le dossier pour approfondir la compréhension de ses oeuvres : présentation de l'exposition par les commissaires, rencontre avec Sally Mann, table ronde d'experts autour du caractère élégiaque des images, conférence de l'écrivaine Nancy Huston sur les entrelacs entre photographie et littérature.
https://jeudepaume.org/evenement/exposition-sally-mann/
Les caractéristiques du pictorialisme
- Interprétation du réel : Le pictorialisme n'est pas une photographie documentaire.
- Flou : Les pictorialistes recherchent le dérèglement des optiques grâce à divers effets obtenus soit au moment de la prise de vue, soit pendant le tirage.
- Influence de la peinture notamment des préraphaélites.
- Retouches manuelles : Les photographes interviennent directement sur le négatif (peinture, grattage, encres).
- Procédés alternatifs : Utilisation de techniques comme le gommage bichromaté, les tirages au carbone, ou le procédé platine-palladium, qui permettent des rendus plus doux et texturés que les tirages argentiques classiques.
- Composition précise : Les pictorialistes accordent une grande importance à la composition de leurs images, proche des codes de la peinture (lignes directrices, clair obscur, recherche d'équilibre visuel, etc.).
Les photographes emblématiques du pictorialisme
Les précurseurs anglais :
- Henry Peach Robinson
- Peter Henry Emerson
- Oscar Gustav Rejlander
- Lewis Carroll
- Lady Clementina Hawarden
- Julia Margaret Cameron
Les pictorialistes français :
Les pictorialistes européens :
- Heinrich Kühn (Autriche)
- Guido Rey (Italie)
Les pictorialistes américains :








