Le programme d'enseignement de spécialité d'histoire des arts en terminale

Le programme d'enseignement de spécialité d'histoire des arts institue trois questions limitatives qui s'inscrivent dans les trois thématiques : "Un artiste en son temps", "Arts, ville, politique et société", "Objets et enjeux de l'histoire des arts".

Après Charlotte Perriand, c’est un autre architecte qui a été choisi pour la thématique "un artiste en son temps" : Eugène Viollet-le-Duc. Le portail Histoire des arts vous aide à préparer cette épreuve écrite et à constituer vos portfolios grâce à une sélection de ressources fiables et illustrées. Viollet-le-Duc, par la richesse de son parcours d’architecte, a profondément marqué le XIXe siècle et notamment en défendant le concept naissant de protection du patrimoine.

Eugène Viollet-le-Duc en 15 dates clés

 

1814 Naissance à Paris d'Eugène, fils d'Élisabeth Delécluze (fille de l'architecte Jean-Baptiste Delécluze) qui tenait un salon littéraire et d'Emmanuel-Louis Viollet-le-Duc, conservateur des résidences royales et poète.

1831-1836 Autodidacte, Viollet-le-Duc se forme à l'architecture en parcourant la France et l'Italie. Il développe un grand talent pour le dessin.

1840 A 26 ans, Viollet-le-Duc est choisi par la Commission des Monuments historiques, sur proposition de Prosper Mérimée, pour diriger la restauration de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay (1840 - 1861).

1843-1867 Restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

1844-1864 Restauration de la Cité de Carcassonne.

1846 -1879 Restauration de l'église abbatiale de Saint-Denis.

1848 Viollet-le-Duc devient membre de la Commission des Arts et des Édifices religieux.

1849 -1874 Restauration de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens.

1854-1868 Publication du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle en 10 volumes qui rencontre un succès important.

1857 - 1879 Restauration du château de Pierrefonds, qui se poursuit après la mort de Viollet-le-Duc jusqu’en 1885.

1858-1874 Viollet-le-Duc est nommé Inspecteur général des édifices diocésains.

1859 Napoléon III commande à Viollet-le-Duc un caveau destiné à recevoir les dépouilles de la famille impériale dans l’abbatiale de Saint-Denis.

1863 Viollet-le-Duc est nommé professeur d’histoire de l’art et d’esthétique à l’École des beaux-arts de Paris. Il est contraint à la démission dès 1864, après avoir donné sept leçons sur la période antique et tenté de réformer l'École des beaux-arts.

1872 Début de la restauration de la cathédrale de Lausanne en Suisse.

1879 Eugène Viollet-le-Duc meurt à Lausanne.

La notion de patrimoine nait de la volonté de préserver les bâtiments remarquables. Après la Révolution française, de la destruction de bâtiments liés à l'Ancien régime émerge l'idée de protéger les monuments dits historiques. Dans les années 1830, Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, joue un rôle fondamental dans le développement d'une politique de protection et de conservation du patrimoine architectural français.

En 1840, c'est Mérimée qui charge le jeune Viollet-le-Duc de la restauration de la basilique de Vézelay. Dans ces premiers chantiers, Eugène Viollet-le-Duc défend une approche minimaliste de la restauration qui repose avant tout sur la reproduction des techniques de construction initiales et l’usage des mêmes matériaux. Viollet-le-Duc passe ainsi près de trois ans à réaliser une analyse archéologique des fortifications de la Cité de Carcassonne avant de lancer sa restauration au début des années 1850. Cependant, sa passion pour le Moyen-Âge et notamment pour le gothique des XIIe et XIIIe siècles, qu’il considère comme un âge d’or, pousse de plus en plus l'architecte à réinventer des éléments disparus des ensembles architecturaux qu’il restaure.

Dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Viollet-le-Duc affirme « Restaurer un édifice n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné

A partir de 1858, Eugène Viollet-le-Duc entreprend, à la demande de Napoléon III, de reconstruire le château de Pierrefonds. C'est le chef d’œuvre néo-gothique de l'architecte qui a imaginé ici sa forteresse médiévale idéale. Il va réinventer des décors inspirés des bestiaires médiévaux, introduire des éléments techniques modernes comme les charpentes entièrement métalliques.

Eugène Viollet-le-Duc se veut un fervent défenseur du patrimoine. En 1882, il initie la création du musée de Sculpture comparée (aujourd'hui la Cité de l'architecture et du patrimoine), avec des collections de moulages à taille réelle d'éléments de monuments médiévaux : portails d'églises, statues des cathédrales de Chartres, Reims ou Paris, etc. Ce musée contribue à faire connaître le patrimoine architectural médiéval français.

En 1843, Eugène Viollet-le-Duc s'allie à Jean-Baptiste Lassus, spécialiste de l'architecture du Moyen-Âge, pour constituer un Projet de restauration de Notre-Dame de Paris pour lequel ils remportent l'année suivante le concours pour restaurer la cathédrale. Notre-Dame n'a pas bénéficié de travaux depuis la Révolution et est en piteux état.

En 1845, après le vote à la Chambre d'un budget de 2 650 000 francs, le chantier commence par la restauration d'éléments extérieurs : la galerie des rois et les niches de la façades ouest. Les architectes prennent grand soin de conserver et classer tous les fragments déposés de la cathédrale.

Ce chantier est aussi celui de la sacristie qui est entièrement reconstruite dans le style du XIIIe siècle. En 1854, sont présentées les premières pièces d’orfèvrerie du trésor reconstituées selon les dessins de Viollet-le-Duc. L'architecte crée également le mobilier liturgique de style gothique inspiré par Lassus fin connaisseur des arts décoratifs du Moyen-Âge.

Les travaux sur de restauration de la cathédrale sont souvent suspendus par manque de moyens et en 1857 Jean-Baptiste Lassus meurt. Viollet-le-Duc continue seul le chantier et fait notamment élever en 1859 une nouvelle flèche, la précédente ayant été démantelée à la fin du XVIIIe siècle. La flèche, à la croisée du transept, culmine à 96 mètres et est ornée de seize statues en cuivre dont l'une représente Viollet-le-Duc en Saint-Thomas portant une règle sur laquelle est écrite non amplivs dvbito (« il ne fait aucun doute »).

 

Eugène Viollet-le-Duc devient architecte en dessinant les monuments qu'il découvre lors de ses voyages de jeunesse. Autodidacte, il s'affirme par la rigueur et la précision de ses dessins. Il réalise ainsi d'innombrables croquis, plans, dessins d’architecture lors de ses chantiers de restaurations. Le dessin restera tout au long de sa vie central et notamment pour la conduite et la postérité de ses restaurations : ses dessins donnent les orientations et laissent une trace de ses engagements artistiques.

En 1870, il publie un recueil Peintures murales des chapelles de Notre-Dame de Paris  qui défend son travail sur les peintures murales de la cathédrale. Au delà de la justification de son emploi de la couleur sur les murs de Notre-Dame, on y voit la précision du dessin et l'érudition de Viollet-le-Duc.

L'architecte maîtrise également les arts décoratifs : il conçoit pour Notre-Dame et le château de Pierrefonds du mobilier, des décors peints qui couvrent les murs du château, en s’inspirant des plantes et des bestiaires dessinés au Moyen-Âge ainsi que des pièces d'orfèvrerie pour le Trésor de la cathédrale.