Les inventions (1802-1838)
1802
L'anglais Thomas Wedgwood (1771-1805), réalise des expériences sur la sensibilité à la lumière du nitrate d'argent. Le physicien Humphry Davy (1778–1829) publie les recherches de Thomas Wedgwood dans le Journal of the Royal Institution of Great -Britain à Londres.
1816
À Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire) l'inventeur français Nicéphore Niépce (1765-1833) entreprend des expériences sur la capture du point de vue de la chambre obscure ou camera obscura, instrument d’aide au dessin dans lequel, par un effet d’optique l’image de l’extérieur se projette reversée à l’intérieur d’un espace clos de lumière.
Niépce obtient des images aux valeurs inversées (négatives) mais non fixées.
1819-1822
Niépce commence des expériences avec une résine nommée bitume de Judée, qui, sous l’action de la lumière, devient insoluble dans ses solvants habituels. Il parvient à reproduire "spontanément" des gravures placées par contact sur des supports enduits de cette résine. La reproduction des gravures est le premier axe de ses recherches.
1824-1825
Niépce enregistre le point de vue de chambres obscures sur des pierres lithographiques enduites de bitume de Judée. Ce sont les premières photographies. Le temps de pose nécessaire à l'enregistrement de ces images sur le support est de plusieurs jours.
En 1825, il substitue la pierre lithographique par des plaques d'étain et réalise des points de vue dans sa propriété.
1826-1827
Nicéphore Niépce réalise l'image connue aujourd'hui sous le nom de Point de vue du Gras, plus ancienne photographie conservée au Harry Ransom Center, université du Texas à Austin (États-Unis). Il nomme son procédé l'héliographie (écriture par le soleil).
1827
Niépce rencontre le décorateur et homme de théâtre parisien Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851) réputé pour son usage et sa maîtrise de la chambre obscure afin de l'aider à parfaire son invention.
Niépce se rend en Angleterre et tente vainement d'intéresser la Royal Society of London à son procédé. À cette occasion il rédige un mémoire intitulé Notice sur quelques résultats obtenus spontanément par l'action de la lumière.
1829
Niépce et Daguerre signent un traité d'association le 14 décembre pour le perfectionnement de l'héliographie, notamment autour du raccourcissement du temps de pose nécessaire à l'enregistrement des images dans la chambre obscure. Par crainte de se faire voler leurs recherches, ils échangent des lettres codées.
1833
Nicéphore Niépce décède le 5 juillet.
Le franco-monégasque Hercule Florence (1804-1879), installé au Brésil, travaille sur le nitrate d'argent. Il souhaite trouver une méthode de reproduction photographique des documents.
1835
Le mathématicien, physicien et philologue anglais William Henry Fox Talbot (1800-1877) obtient des images aux valeurs inverses (négatives) au fond de la chambre obscure. Il rédige un mémoire sur la nature de la lumière.
À Paris, le 27 septembre, le Journal des Artistes publie un article d'Arsène Houssaye révélant les recherches de Daguerre qui poursuit seul ses investigations suite au décès de Niépce.
1837
Daguerre découvre le principe de l'image latente, c’est-à-dire l’image enregistrée mais encore non visible sur le support photosensible et qu’il faut alors révéler. Il invente l’étape du développement, raccourcissant drastiquement les temps de pose nécessaires à l'enregistrement des images. Il s'essaye au portrait. Il nomme son procédé le daguerréotype et réalise le daguerréotype aujourd’hui connu sous le nom de Cabinet de curiosité, plus ancien daguerréotype aujourd'hui conservé à la Société française de photographie (Paris).
1838
Alors que Daguerre fait éditer un prospectus pour promouvoir son procédé et trouver des investisseurs, il rencontre l'astronome et physicien François Arago (1786-1853), secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, qui s'intéresse à son procédé.
Les divulgations (1839-1851)
1839
7 janvier : François Arago, depuis la tribune de l'Académie des sciences à Paris, annonce l'invention du daguerréotype sans en donner la recette. Cette cérémonie se déroule devant les académies des sciences et des beaux arts, ce qui confère à la photographie son double statut artistique et documentaire.
25 janvier : William Henry Fox Talbot, qui ne connait pas les détails techniques de la méthode de Daguerre, réclame l'antériorité de ses recherches et présente à la Royal Academy de Londres ses "dessins photogéniques".
Début février, Hippolyte Bayard (1801-1887), employé du ministère des Finances, commence des recherches pour obtenir des photographies sur support papier et obtient le 20 mars des images directement positives dans la chambre obscure (positifs directs).
15 juin : Le ministre de l'Intérieur, Tanneguy Duchâtel, présente devant la Chambre des députés l'exposé des motifs et projet de loi relatif à l'achat du daguerréotype par l'État français ("loi Daguerre").
7 juillet : Plusieurs daguerréotypes sont exposés à la Chambre des députés.
7 août : Après les votes de la Chambre des députés et celle des pairs, le roi Louis-Philippe entérine la "Loi Daguerre"
19 août : Divulgation du secret du daguerréotype à la séance hebdomadaire de l'Académie des sciences. Le daguerréotype est libre de droit et d'usage dans le monde entier. Au mois de septembre suivant, Daguerre effectue de nombreuses démonstrations et la recette est publiée dans une brochure publiée par la maison Susse Frères, un des fabricants d’appareils pour réaliser des daguerréotypes.
2 novembre : Raoul Rochette, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, publie un rapport sur le procédé positif direct d'Hippolyte Bayard.
1840
Grâce au raccourcissement du temps de pause, de nombreux ateliers de portraits au daguerréotype commencent à s'établir dans les grandes villes européennes à l'instar de Louis Auguste Bisson (1814-1876), architecte de formation, qui fonde à Paris un atelier avec son père, Louis-François Bisson (1795-1865).
Hippolyte Bayard réalise trois autoportraits en positif direct, dont l'un est connu sous le nom d'Autoportrait en noyé. L'image ne semble pas exposée de son vivant.
1841
En février, Talbot dépose un brevet en Grande-Bretagne protégeant son procédé photographique sur le papier nommé calotype.
1842
L'archéologue Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892) s'embarque pour un tour du bassin de la Méditerranée de l'Italie à l'Égypte dont il reviendra en 1845 avec plus de 1000 daguerréotypes.
Le 22 décembre, le poète Gérard de Nerval embarque lui aussi pour l'Orient muni d'un matériel de daguerréotypie.
Cette même année, Louis Auguste Bisson réalise le portrait de l'écrivain Honoré de Balzac au daguerréotype.
1843
La botaniste Anglaise Anna Atkins (1799-1871) publie en volume Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions, premiers livres illustrés de photographies tirées au cyanotype, une technique de tirage inventée par le savant anglais John Herschel l’année précédente et qui permet de produire simplement des images photographiques par le contact d’un objet (photogramme) ou d’un négatif photographique. Ces images ont la caractéristique d’être bleues.
1844
Henry Fox Talbot commence à publier en volume The Pencil of Nature, ouvrage devant expliquer et populariser les usages du calotype, premier procédé photographique qui permet de reproduire des images photographiques à partir d'un "négatif".
1845
La photographe parisienne Amélie Guillot-Saguez (1810-1864) réalise ses premiers calotypes à Rome.
1847
Le marchand drapier lillois Louis Désiré Blanquart-Evrard (1802-1872) publie, avec le soutien de l'Académie des sciences, sa propre méthode alternative de photographie sur papier, perfectionnant, sans le citer, le procédé du calotype de Talbot. Cela libère la pratique de la photographie sur papier en France au détriment du daguerréotype alors même que, selon le journaliste l'Abbé Moigno, 500.000 plaques de daguerréotypes sont vendues dans l'année signalant le caractère florissant de la vente de portrait à l’aide de cette technique.
1849
En novembre, Maxime Du Camp s'embarque avec l’écrivain Gustave Flaubert pour une mission archéologique en Égypte commandée par le ministère de l’Instruction publique. Il est muni d'un équipement photographique.
1851
Création de la Société héliographique qui réunit photographes, scientifiques et artistes (Eugène Delacroix, le baron Gros, Jules Ziegler, etc.) autour de la photographie. La Commission des Monuments historiques charge cinq membres photographes – Hippolyte Bayard, Henri Le Secq, Gustave Le Gray, Auguste Mestral et Edouard Baldus – de documenter photographiquement le patrimoine architectural français, mission plus tard appelée Mission héliographique.
9 février : parution du premier numéro du journal hebdomadaire La Lumière entièrement consacré à la photographie. Lié dans un premier temps à la Société héliographique, il lui survivra après la dissolution de l'association à la fin de l'année 1851.
En mars, le photographe anglais Frederick Scott Archer (1813-1857) publie dans la revue The Chemist une recette de photographie sur plaque de verre au collodion humide qu'il avait inventé dès 1848. Ce procédé est appelé à remplacer l'usage du papier comme support pour le négatif.
Blanquart-Evrard ouvre à Loos-les-Lille, dans le Nord de la France, une imprimerie photographique qui produit en série des éditions photographiques.
10 juillet : Daguerre décède à Bry-sur-Marne.
L'essor de la photographie (1852-1871)
1852
Geneviève-Elisabeth Disdéri (1817-1878) ouvre son propre studio photographique à Brest, après sa séparation et le départ d'Eugène Disdéri pour Paris.
Maxime Du Camp publie Égypte, Nubie, Palestine, Syrie, composé de photographies produites durant sa mission commandée par le ministère de l’Instruction publique entre 1849 et 1851.
1853
23 janvier : création à Londres de la Royal Photographic Society pour « promouvoir l’Art et la Science de la photographie. »
1854
Après avoir pris des leçons de photographie chez le photographe Gustave Le Gray, Adrien Tournachon, frère du caricaturiste Félix Tournachon connu sous le nom de Nadar, ouvre un atelier de portraits photographiques au 11 boulevard des Capucines. Il signe alors ses œuvres « Nadar jeune ».
En juin, Eugène Disdéri ouvre son atelier sur deux étages au 8 Boulevard des Italiens à Paris. Le 27 novembre il dépose le brevet du format "portrait carte", ou "portrait carte de visite" qui fera sa fortune à partir de la fin des années 1850.
Le négatif verre au collodion humide de Scott Archer s'impose dans les ateliers de portraits.
15 novembre : création à Paris de la Société française de photographie. Le Bulletin de la Société française de photographie parait à partir de 1855.
1855
Après avoir aidé son frère cadet dans son studio du boulevard des Capucines, Félix Nadar ouvre son propre studio au 113 rue Saint-Lazare : "Le seul Nadar, le vrai Nadar, 113 rue Saint-Lazare !".
Les photographes Mayer et Pierson se constituent en société et occupent le 5 Boulevard des Capucines. Leur atelier se spécialise entre autres dans le portrait photographique retouché à l'aquarelle ou à l'huile.
Le photographe Gustave Le Gray (1820-1884) ouvre un luxueux atelier boulevard des Capucines où il réalise de nombreux portraits de personnalités proches de l'Empire.
En avril, le photographe anglais Roger Fenton réalise pendant la Guerre de Crimée la photographie intitulée The Valley of the Shadow of Death.
1856
Le photographe d'origine allemande, Edouard Baldus, réalise sur commande du ministère des Beaux-arts un reportage sur les inondations dévastatrices du Rhône, à Lyon, Avignon et Tarascon.
Le photographe Pierre-Louis Pierson rencontre la Comtesse de Castiglione. Il restera son photographe attitré pendant quarante ans.
La photographe belge Louise Leghait devient la première femme membre de la Société française de photographie à Paris.
L'auteur anglais Lewis Carroll achète à Londres son premier appareil photographique. Il fera d'Alice Liddell, le futur modèle de son roman à succès Alice au pays des merveilles, un de ses modèles favoris.
1857
Stéphanie Breton, dite Mme Breton, installée à Rouen, devient la deuxième femme membre de la Société française de photographie et une des premières femmes à avoir un studio photographique professionnel sous son propre nom.
1858
Nadar réalise la première photographie aérienne depuis un ballon captif à 80 mètres d’altitude.
1859
Louise Laffon installe son atelier à Paris C’est l’une des rares femmes photographes à avoir possédé un atelier à son nom. En 1861 elle déménage son atelier au 13, rue Lord Byron et rebaptise son atelier "Photographie Lord Byron".
Juin : Charles Baudelaire publie dans la Revue française « Le public moderne et la photographie », deuxième chapitre de son Salon de 1859.
15 avril - 1er juillet : La "Troisième exposition de la Société Française de Photographie : Comprenant les œuvres des photographes français et étrangers" a lieu au Palais des Champs-Élysées à Paris.
L'anglaise Lady Clementina Hawarden emménage à Londres dans une vaste demeure à South Kensington, ce qui lui permet d'installer un vaste studio photographique où elle photographiera en amateure des mises en scènes des femmes de son entourage. Elle deviendra membre de la Photographic Society en mars 1863 et meurt soudainement en 1865.
1860
Gustave Le Gray, ruiné par ses recherches autour de la photographie instantanée qu'il applique aux sujets des marines, fait faillite et doit fermer son atelier. Il quitte Paris pour accompagner Alexandre Dumas en Sicile.
1861
Félix Nadar dépose le brevet de la photographie à l’éclairage artificiel. Il photographie alors les égouts et les catacombes de Paris grâce à l’éclairage de batterie Bunsen.
Première ascension du Mont-Blanc par les frères Bisson avec leur matériel photographique pour photographier les Alpes. Il s'agit d'une commande de Napoléon III. Une seconde expédition suit en 1862.
1862
Signe du dynamisme de ce secteur qui s'oriente vers sa phase industrielle, la Chambre syndicale de la photographie est créée. Elle a pour objectif d’élever la photographie au rang d’art afin d’obtenir la protection du photographe et son œuvre.
28 novembre : suite à l'affaire Mayer et Pierson au cours de laquelle ce deux photographes intentent un procès en contrefaçon contre l’atelier photographique parisien d’Eugène Thiébault pour la reproduction et la diffusion d’un portrait du Comte Camillo de Cavour, la photographie obtient le statut juridique d’œuvre d’art. Une décision proclamée par la Cour de cassation : « la reproduction des œuvres d'un photographe est une contrefaçon ».
1863
Pour Noël, Julia Margaret Cameron reçoit un appareil photographique. Elle pratique activement la photographie jusqu'en 1875 en photographiant en amateure son entourage en développant une esthétique à contre-courant de la précision moderne.
Après Lady Hawarden, elle devient une des femmes photographes les plus actives d'Angleterre et une référence. Son œuvre photographique, annonce le pictorialisme.
1865
Charles Marville bénéficie d'une commande du service des Travaux historiques de la Ville de Paris. Il rassemble des vues des vieilles rues de Paris avant leur destruction lors des transformations de Paris sous le Second Empire.
1871
Le photographe Etienne Carjat qui avait déjà photographié Charles Baudelaire, notamment en 1863, photographie Arthur Rimbaud à l'âge de 17 ans.
Découverte et mise au point par le britannique Richard Leach Maddox d'un procédé de "plaque sèche". Perfectionné jusqu'en 1878 il se fait connaitre sous le nom de gélatino-bromure d'argent, premier procédé réellement instantané permettant des prises de vues réalisées sous la barre de la seconde.
Suite à la Commune de Paris, dont les événements furent documentés le pharmacien Hippolyte Blancard, la Librairie Visconti édite l'Album photographique des ruines de Paris : Collection de tous les monuments et édifices incendiés et détruits par la Commune de Paris, préfacé par Justin Lallier.
Disdéri photographie la mise en scène de 12 cadavres d'insurgés de la commune, disposés dans des cercueils. Parallèlement, Ernest Appert commercialise des portraits-cartes représentant les insurgés de la Commune ainsi que des montages photographiques prenant position contre les Communards qui forment la série des Crimes de la Commune, constituée de huit images.
L'industrialisation de la photographie (1872-1914)
1872
Premier service photographique de préfecture de police fondé par Alphonse Bertillon, fondateur du "Bertillonnage" ou signalement anthropométrique à des fins policières et judiciaires.
1877
Adolphe Giraudon ouvre sa "bibliothèque photographique" à Paris, à proximité de l'École des Beaux-Arts, pour commercialiser notamment des reproductions photographiques d'œuvres d'art
1878
L'anglais Charles Harper Bennett améliore la sensibilité des plaques négatives verre au gélatino-bromure d'argent par une opération de chauffage. La fabrication industrielle des plaques sèches s'intensifie.
18 juin : en Californie, devant la presse, l'anglais Eadweard Muybridge (1830-1904) parvient à capturer en plusieurs prises de vues successives avec douze appareils photographiques disposés le long d'un champ de course les mouvements d'un cheval au galop.
À Paris, l'imprimeur Charles Guillaume Petit lance son procédé de reproduction en demi-teinte appelé aussi similigravure qui permet d'imprimer des photographies simultanément au texte, ouvrant à leur reproduction dans les pages des livres et des journaux.
1879
Eadweard Muybridge projette pour la première fois des images dans un zoopraxiscope, un jouet optique qui anime une série d’images fixes consécutive imprimées sur un disque afin de créer une illusion du mouvement.
1881
L'industriel américain George Eastman crée une société de fabrication de plaques photographiques instantanées sous le nom de « Eastman Dry Plate Company ». Ces produits seront diffusés en France par la maison Nadar gérée par Paul Nadar, le fils de Félix Nadar.
1882
Antoine Lumière, père de Louis et Auguste Lumière, fonde à Lyon une petite usine de fabrication de plaques photographiques sèches.
Le physiologiste Étienne-Jules Marey (1830-1904) met au point ses procédés de chronophotographie synthétique : le fusil photographique et le chronophotographe qui photographient en séries à la vitesse de 1/720e de seconde et réalisent dix images par secondes sur une seule plaque. Ce procédé lui permet de l'appliquer à l'étude du mouvement des êtres vivants.
Le photographe Albert Londe prend la tête du Service photographique de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, sous les ordres du neurologue Jean-Martin Charcot.
1883
3 décembre : Gaston Braun obtient une concession au Louvre et le titre de photographe officiel du musée du Louvre et des musées nationaux. Celle-ci entre en vigueur en 1885 pour une durée de 30 ans au grand dam des autres photographes.
1884
L'américaine Alice Austen prend ses premières photographies. Pendant 40 ans elle parcourra la ville de New York à bicyclette laissant plus de 7000 clichés de la vie quotidienne de la ville en pleine expansion.
1886
Le 5 septembre, Le Journal Illustré publie une interview photographique du chimiste Michel-Eugène Chevreul réalisé par Nadar Père et Fils.
1887
Paul Nadar reprend officiellement la direction du studio installé par ses parents rue d'Anjou à Paris depuis 1872.
Le photographe Eadweard Muybridge, soutenu par l'université de Pennsylvanie, publie Animal locomotion : An electro-photographic investigation of consecutive phases of animal movements, 11 volumes contenant 781 planches photographiques réalisées entre 1872 et 1885 découpant par la chronophotographie la physiologie du mouvement des êtres vivants – animaux et humains.
1888
Gabrielle Hébert (1853-1934), femme du directeur de la villa Médicis, acquiert un appareil photographique et produit, comme photographe amateur, une documentation sur la vie quotidienne de l'Académie de France à Rome jusqu'à la fin de son séjour en 1896.
Au mois de mai, les premiers appareils commercialisés sous la marque Kodak sortent des usines de George Eastman à Rochester. Chargés avec un film souple permettant de réaliser 100 vues, c'est une innovation sans précédent dont le slogan est "You press the button, we do the rest" et dont le but est de mettre la photographie dans toutes les mains ouvrant aux pratiques totalement amateurs de photographie.
Création du Photo-Club de Paris, association de photographes amateurs, fondée par Maurice Bucquet pour défendre la photographie comme moyen d'expression artistique. La propre sœur du fondateur, Antoinette Bucquet, Céline Laguarde (1873-1961), Robert Demachy (1859-1936), Constant Puyo (1857 -1933) font partie des membres.
1889
Les photographes Étienne et Antonin Neurdein, indépendants depuis 1868, obtiennent des récompenses à l'exposition universelle de Paris. Ils éditent de très nombreuses séries de cartes postales marquées "ND".
1890
Le photographe Eugène Atget (1857-1927, ancien acteur et directeur du journal humoristique Le Flâneur, s'installe à Paris et commence à produire des documents photographiques pour artistes. Il commence à photographier systématiquement à Paris à partir de 1897-1898.
1891
L'esthétique Pictorialiste s'étend en Europe : création à Vienne du Camera Club, et l'année suivante à Londres de la Brotherhood of the Linked Ring par Henry Peach Robinson, George Davison et Henry Van der Weyde.
1894
Création du Musée des Photographies documentaires par Léon Vidal. Fermé en 1907, les fonds rejoignent ceux de la Bibliothèque nationale.
"Première Exposition d'art photographique", salon organisé par le Photo-Club de Paris à la Galerie Georges Petit.
1895
Les frères Lumière font la démonstration du premier cinématographe.
Découverte des rayons X par le physicien allemand Wilhelm Conrad Röntgen.
1897
Création de la "Commission du Vieux Paris" qui a pour but de préserver et valoriser les édifices, les sites et les quartiers du Vieux Paris ainsi que ses vestiges archéologiques.
Publication dans la Revue des Deux Mondes de l'essai de Robert de la Sizeranne nommé "La photographie est-elle un art ?".
Après plusieurs mois passés en Europe, la photographe américaine Gertrude Käsebier ouvre son studio à New York. Elle sera une des femmes photographes les plus active du pictorialisme américain.
La photographe américaine professionnelle Frances Benjamin Johnston publie l'article "What a Woman Can Do with a Camera" dans le magazine féminin The Ladies Home Journal.
1900
Exposition universelle à Paris. Une section rétrospective retraçant l'histoire de la photographie depuis son invention est organisée.
1902
Création à New York du cercle photographique de la Photo-Secession par le photographe américain Alfred Stieglitz. L'année suivante est publié le premier numéro de la revue Camera Work édité jusqu'en 1917.
1904
Les frères Lumière mettent au point la première plaque couleur transparente dites autochromes. Elles seront commercialisées auprès du grand public à partir de 1907.
1909
Fondation par le mécène Albert Kahn du projet d'inventaire visuel du monde par l'autochrome et le film des Archives de la planète qui s'éteindra au début des années 1930.
1913
Une nouvelle version du magazine Harper’s Bazaar accueille les pionniers de la photographie de mode, tels le Baron de Meyer (1868-1946) ou Edward Steichen.
1914
Le photographe Charles Lansiaux qui opère également pour le compte de la Commission municipale du Vieux Paris dans le but de documenter les édifices dont la conservation est à envisager, entreprend une série de photographies intitulées "Aspects de Paris pendant la guerre de 1914" pour documenter la vie quotidienne des parisiennes et des parisiens.
Les Modernités (1914-1968)
1914-1915
Les artistes français Marcel Duchamp et Francis Picabia se rendent à New York suite à l’éclatement de la Première Guerre mondiale. Ils exposent à la Galerie 291 dirigée par le photographe Alfred Stieglitz.
1915
En France, sous l’égide du ministère de la Guerre, du ministère de l'Instruction publique et du ministère des Affaires étrangères est créé le Service photographique de l’Armée afin de contrecarrer la propagande Allemande. Déjà depuis le début de la guerre, les hebdomadaires illustrés comme L’illustration, mais surtout Le Miroir, diffusent des images photographiques réalisées par les soldats sur le front qui font sensation.
Le photographe Léon Gimpel qui réalise des photographies documentaires pour les magazines La Vie Illustrée et L'illustration depuis le début du siècle, capture grâce à la technique de l'autochrome dont il est adepte, des enfants jouant à la guerre dans les rues de Paris.
1918
Premiers photomontages dadaïstes, relevant d’une volonté d’abolition de la hiérarchisation des genres. On retient ceux de John Heartfield, George Grosz, Hannah Höch et Raoul Hausmann.
Premières "schadographies" de Christian Schad, images photographiques obtenues en plaçant des objets sur une surface photosensible dans le flux de la lumière.
1919
La photojournaliste américaine Thérèse Bonney s'installe à Paris et devient correspondante du Figaro.
1920
Parution de La Revue française de photographie, organe d’information et de documentation photographiques dirigé par l’éditeur français Paul Montel.
L'autrichienne Dora Kallmus, plus connue sous le nom de Madame d’Ora, s’installe à Paris où elle poursuit une activité de photographe de la vie mondaine et du monde du spectacle qui fait sa renommée.
Le premier appareil Leica 24x36 rend plus facile le travail de reportage.
1921
L’américain Emmanuel Radnitsky, dit Man Ray, s’installe à Paris. Il commence à travailler pour le couturier Paul Poiret, et développe une photographie de mode entre commerce et art.
Bérénice Abbott, d'origine américaine, s'installe à Paris pour faire des études d'art. En 1923 elle deviendra l'assistante de Man Ray qui lui apprend la technique photographique.
1922
Publication des Champs délicieux de Man Ray, constitué de 12 rayogrammes (des photogrammes) en tirages originaux contrecollés et d'un texte du poète dada, Tristan Tzara.
1923
Le photographe d'origine hongroise Gyula Halász dit Brassaï, s’installe à Paris.
En Russie, l’artiste Alexandre Rodtchenko travaille avec quelques éditeurs pour des travaux de mise en page et se met à pratiquer des photomontages. Il réalise avec le poète Vladimir Maïakovski des couvertures de sa revue LEF. Cette même année, il illustre par une série de photomontages le volume de poèmes Pro Eto du poète. Rodtchenko se met à la photographie et devient un des photographes soviétiques les plus prolifiques.
1924
1er décembre : Parution, à Paris, du premier numéro de la revue La Révolution surréaliste, publiée jusqu’au 15 décembre 1929.
1925
Publication par l'artiste hongrois László Moholy-Nagy de l’ouvrage Malerei. Fotografie. Film (Peinture. Photographie. Film) aux éditions du Bauhaus qui marque la théorie du moderniste photographique plus connu sous le nom de Nouvelle Vision.
La photographe française Laure Albin Guillot (1879-1962) participe à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes et expose une série de portraits de décorateurs, d’ensembliers et d’artisans d’art et revendique le statut d’artiste décorateur.
Exposition rétrospective de la photographie organisée par la Société française de Photographie pour le centenaire de l'invention de la photographie par Niépce. Le collectionneur français Gabriel Cromer y présente une partie de sa collection.
1926
Le hongrois André Kertész et l'allemande Germaine Krull s’installe à Paris.
Bérénice Abbott quitte le studio de Man Ray pour ouvrir son propre établissement.
15 juin : Man Ray parvient à mettre en couverture de La Révolution surréaliste (n° 7) une photographie d’Atget, où sont capturés des Parisiens observant une éclipse du soleil en 1912.
1927
La photographe Tina Modotti (1896-1942), entre au Parti communiste mexicain et cherche avec sa photographie engagée à rendre compte de la réalité sociale au Mexique.
Création de la revue d’art bimestrielle française Arts et Métiers Graphiques dirigée par Charles Peignot. A partir de 1930 jusqu’à la fin de sa parution en mai 1939, cette revue publie un numéro consacré à la photographie.
4 août : Mort d'Eugène Atget. Bérénice Abbott qui l'avait rencontré l'année précédente, s'endette pour racheter ses archives avant de repartir aux États-Unis.
1928
Parution de Nos regards : illustré mondial du travail, sous l’impulsion du militant communiste allemand Willi Münzenberg et du Secours ouvrier international (SOI). Le modèle allemand de la revue ouvrière Arbeiter Illustrierte Zeitung est importé.
Publication de Métal de Germaine Krull, composé de 64 planches photographiques d’architectures de fer L’ouvrage s’impose comme un manifeste de la Nouvelle Vision photographique en France.
Publication du roman Nadja par André Breton, illustré de neuf photographies de Paris du français Jacques-André Boiffard.
La Française d’origine hongroise Rogi André débute la photographie, trois ans après son emménagement à Paris.
Du 24 mai au 7 juin : premier Salon indépendant de la photographie dans la galerie du théâtre des Champs-Élysées, à Paris. On y expose le travail de Kertész, Hoyningen-Huene, Man Ray, Outerbridge, Nadar, Atget, Abbott, d’Ora, Albin Guillot et Krull.
1929
L'Américaine Lee Miller s’installe à Paris où elle devient la compagne, la muse et l’assistante de Man Ray.
En avril : parution de la revue française Documents, fondée par le muséologue Georges Henri Rivière et l’écrivain Georges Bataille. Publiée jusqu'en mars 1934, elle fait le lien entre l’ethnographie et les avant-gardes artistiques.
En Allemagne le photographe August Sander établi à Cologne, publie l'ouvrage Antlitz der Zeit (Visages de ce temps), un choix de 60 portraits de femmes et d'hommes anonymes représentatifs de la nation allemande. Lié aux cercles des artistes progressistes de Cologne, Sander devient, aux côté d'Albert Renger-Patzsch (1897-1966), un des représentant de la Nouvelle Objectivité en photographie.
En France, des femmes photographes comme Florence Henri et Ergy Landau, s'emparent du médium photographique pour rendre compte de cette ère moderne industrielle et technique.
Invention du Rolleiflex, appareil réflex à deux objectifs utilisant des pellicules de format 6x6 cm. La Hongroise Nora Dumas (1890-1979), assistante d'Ergy Landau, réalise ses premiers clichés à l’aide de ce nouvelle appareil.
1930
L'Allemande Ilse Bing, comme beaucoup d’autre photographes d’origine juive d’Europe de l’Est, choisie de s’installer à Paris, faisant de la capitale française l’un des centres névralgiques de l’expression d’une photographie moderne alimenté par de nombreux photographes d’origine étrangère.
Publication à Paris d’Aveux non avenus de la photographe Claude Cahun.
Publication de Atget, photographe de Paris, par Bérénice Abbott.
1931
Le français Henri Cartier-Bresson découvre dans la revue Arts et métiers graphiques une photographie du hongrois Martin Munkácsi et décide de se consacrer à la photographie. Il achète son premier Leica à Paris et parcourt l'Europe.
Publication de Micrographie décorative de Laure Albin-Guillot, composé de 24 planches imprimées en héliogravure sur papier teinté et métallisé.
Margaret Bourke-White ( 1904-1971), photoreporteur pionnière américaine, réalise un reportage de 6 mois en Russie pour le magazine américain Fortune. Bourke-White travaillera plus tard pour le magazine Life et couvrira, en 1945, la libération des camps de concentration.
Harold Eugene Edgerton met au point le flash électronique permettant de saisir des mouvements invisibles à l’œil nu.
1932
Ansel Adams et Edward Weston fondent le groupe f.64, pour la photographie « pure » (straight), entièrement conçue dès la prise de vue, et restituant la vision de l’auteur.
En France, Laure Albin Guillot fonde la Société des artistes photographes et dirige, l'année suivante, la Cinémathèque nationale au Palais de Chaillot.
Création de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). Y adhèrent des photographes comme Lotar, Boiffard, Henri Cartier-Bresson, Chim, Makovska…
Publication de l’ouvrage La France travaille du photographe François Kollar (1904-1979).
Suite à la récession aux États-Unis, la photographe de San Francisco Dorothea Lange (1895-1965) commence à sortir de son studio et à photographier les retombées de la crise économique sur les populations.
1933
Publication de Paris de nuit de Brassaï et de l'écrivain Paul Morand.
Suite à la prise de pouvoir par les Nazis en Allemagne, Gerda Taro, , se réfugie à Paris, tout comme Gisèle Freund où elle poursuit sa thèse sur la commercialisation du portrait photographique en France au XIXe siècle. Elle devient portraitiste des intellectuels et membres de l’avant-garde parisienne.
Après des études de littérature en France, le jeune américain Walker Evans qui débute la photographie en 1930, obtient une première présentation de ses photographies américaine au Moma de New York.
1935
Aux États-Unis, l'administration Roosevelt met sur pieds la section photographique de la Farm Security Administration (FSA) sous l'égide du ministère de l'agriculture. Elle vise, parallèlement à l'aide apportée aux agriculture victimes de la crise économique, à produire une documentation photographique sur la vie de ces fermiers du sud du pays. Y participent des photographes comme Dorothea Lange, Walker Evans, Marion Post Wolcott, Gordon Parks, Russell Lee ou Arthur Rothstein. Cette campagne modifiera la vision de la société américaine sur ses paysans.
Du 21 mai au 21 juin : exposition « Documents de la vie sociale », organisée par la section photographique de l’AEAR à la Galerie de la Pléiade à Paris (Boiffard, Brassaï, Lotar, Moral, Painlevé, Parry, Man Ray, Steiner).
1936
En mission pour la FSA, Dorothea Lange photographie dans le sud de la Californie, une cueilleuse de pois et ses trois enfants, photographie connue sous le nom de Migrant Mother qui bénéficiera d'une notoriété inédite.
1936
La parution du magazine Life donne des espaces de publication aux essais photographiques.
Bérénice Abbot et Paul Strand créent la Photo League de New York.
1940
Ouverture du département photographie du Museum Of Modern Art à New York.
1945
Les photographes tel Lee Miller présents à l’ouverture des camps de concentration nazis témoignent de leur horreur.
1947
Création de l’agence Magnum par Henri Cartier-Bresson et ses amis reporters : Robert Capa et David Seymour.
Invention du Polaroïd.
1955
L’exposition manifeste « The Family of man » organisée par Edward Steichen au MOMA montre le triomphe international de la photo humaniste.
1958
Publication Les américains de Robert Frank.
1966
Ouverture de l’International Center of Photography à New York.
1967
Exposition «New document» MOMA (New York). Diane Arbus, Lee Friedlander, Gary Winogrand approchent en auteurs un documentaire à l'esthétique forte.
1968
Les photos de la Guerre du Vietnam prises par Don Mac Cullin ou Nik Ut sont de plus en plus diffusées et fragilisent les Etats-Unis.
L'institution en France et en Europe
1969
Début de la collection photographique de la Bibliothèque Nationale de France par Jean-Claude Lemagny.
1970
Création des Rencontres d’Arles.
1972
Ouverture du Musée Nicéphore Nièpce à Châlon sur Saône.
1974
Inauguration de la galerie municipale du Château d’Eau à Toulouse
1975
Musée de l’Elysée à Lausanne.
Une culture pour tous
1980
Premier Mois de la Photographie à Paris.
Exposition « Ils se disent peintres, ils se disent photographes ».
Publication de La chambre claire de Roland Barthes.
1982
Ouverture de l’Ecole Nationale de la photographie à Arles par Alain Desvergnes .
1989
150° anniversaire de l’invention de la photographie.
« L'invention d’un art » : première exposition de photographie au 5° étage du Centre Georges Pompidou
Une diversité d'initiatives
1984
La DATAR (délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) passe commande à 12 photographes, pour dresser un état des lieux du paysage français.
1989
Ouverture du premier festival de photojournalisme "Visa pour l'image" à Perpignan.
1990
L’exposition "Passages de l’image" au Centre Georges Pompidou mêle photos mises en scène, installations et vidéo.
1996
Création de la Maison Européenne de la Photographie à Paris.
1997
Généralisation des appareils numériques.
1998
Exposition « Enfermement » à la MEP, commissaire d'exposition : Bernard Lamarche-Vadel
Exposition « Family of man, the 90’s » Casino Centre d’Art Contemporain, Luxembourg. Relecture par les plasticiens des valeurs humaines.
La consécration : la photographie comme art à part entière
1999
Ouverture du Studio National des Arts du Fresnoy par Alain Fleisher.
2000
Premières Rencontres de la Photographie Africaine à Bamako, Mali.
2003
Création du Fotomuseum de Wintherthur (CH).
Exposition « Diane Arbus revelations » Moma (USA).
2004
Exposition de Sophie Calle "M’as-tu vue".
Orlan créatrice de l’art corporel expose au Centre National de la Photographie.
2005
Inauguration du site du Jeu de Paume, Paris.
Le téléphone portable appelé aussi photophone permet un autre mode de diffusion des images numériques.
2006
L'exposition "Foto Povera" revendique l’utilisation d’appareils de qualité médiocre.
2007
Rétrospective Dieter Appelt au Musée Réattu, Arles.
Jeff Wall au MOMA (USA).
2008
Alec Soth au Jeu de Paume, Paris.
« Objectivités, La photographie à Dusseldorf » Musée d’Art Moderne Ville de Paris montre l’influence de l’école de Dusseldorf, pour une autre objectivité.
« Rose boréal » La Helsinki school à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris.
2011
L’artiste plasticien Christian Boltanki représente la France à la Biennale de Venise.
Sitographie
ICONOS photo, Répertoire des collections et archives du patrimoine photographique français
Frise chronologique des Rencontres d'Arles
Petite histoire de la photographie de Walter Benjamin
Photographica, revue semestrielle dédiée à l’histoire de la photographie
Études photographiques, revue éditée par la Société française de photographie de 1996 à 2017
Repère réalisé par Christian Gattinoni, Curateur et critique d'art spécialisé en photographie
