L'anglais Thomas Wedgwood (1771-1805), réalise des expériences sur la sensibilité à la lumière du nitrate d'argent. Le physicien Humphry Davy (1778–1829) publie les recherches de Thomas Wedgwood dans le Journal of the Royal Institution of Great -Britain à Londres.
À Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire) l'inventeur français Nicéphore Niépce (1765-1833) entreprend des expériences sur la capture du point de vue de la chambre obscure ou camera obscura, instrument d’aide au dessin dans lequel, par un effet d’optique l’image de l’extérieur se projette reversée à l’intérieur d’un espace clos de lumière.
Niépce obtient des images aux valeurs inversées (négatives) mais non fixées.
Niépce commence des expériences avec une résine nommée bitume de Judée, qui, sous l’action de la lumière, devient insoluble dans ses solvants habituels. Il parvient à reproduire "spontanément" des gravures placées par contact sur des supports enduits de cette résine. La reproduction des gravures est le premier axe de ses recherches.
Niépce enregistre le point de vue de chambres obscures sur des pierres lithographiques enduites de bitume de Judée. Ce sont les premières photographies. Le temps de pose nécessaire à l'enregistrement de ces images sur le support est de plusieurs jours.
En 1825, il substitue la pierre lithographique par des plaques d'étain et réalise des points de vue dans sa propriété.
Nicéphore Niépce réalise l'image connue aujourd'hui sous le nom de Point de vue du Gras, plus ancienne photographie conservée au Harry Ransom Center, université du Texas à Austin (États-Unis). Il nomme son procédé l'héliographie (écriture par le soleil).
Niépce rencontre le décorateur et homme de théâtre parisien Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851) réputé pour son usage et sa maîtrise de la chambre obscure afin de l'aider à parfaire son invention.
Niépce se rend en Angleterre et tente vainement d'intéresser la Royal Society of London à son procédé. À cette occasion il rédige un mémoire intitulé Notice sur quelques résultats obtenus spontanément par l'action de la lumière.
Niépce et Daguerre signent un traité d'association le 14 décembre pour le perfectionnement de l'héliographie, notamment autour du raccourcissement du temps de pose nécessaire à l'enregistrement des images dans la chambre obscure. Par crainte de se faire voler leurs recherches, ils échangent des lettres codées.
Nicéphore Niépce décède le 5 juillet.
Le franco-monégasque Hercule Florence (1804-1879), installé au Brésil, travaille sur le nitrate d'argent. Il souhaite trouver une méthode de reproduction photographique des documents.
Le mathématicien, physicien et philologue anglais William Henry Fox Talbot (1800-1877) obtient des images aux valeurs inverses (négatives) au fond de la chambre obscure. Il rédige un mémoire sur la nature de la lumière.
À Paris, le 27 septembre, le Journal des Artistes publie un article d'Arsène Houssaye révélant les recherches de Daguerre qui poursuit seul ses investigations suite au décès de Niépce.
Daguerre découvre le principe de l'image latente, c’est-à-dire l’image enregistrée mais encore non visible sur le support photosensible et qu’il faut alors révéler. Il invente l’étape du développement, raccourcissant drastiquement les temps de pose nécessaires à l'enregistrement des images. Il s'essaye au portrait. Il nomme son procédé le daguerréotype et réalise le daguerréotype aujourd’hui connu sous le nom de Cabinet de curiosité, plus ancien daguerréotype aujourd'hui conservé à la Société française de photographie (Paris).
Alors que Daguerre fait éditer un prospectus pour promouvoir son procédé et trouver des investisseurs, il rencontre l'astronome et physicien François Arago (1786-1853), secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, qui s'intéresse à son procédé.
7 janvier François Arago, depuis la tribune de l'Académie des sciences à Paris, annonce l'invention du daguerréotype sans en donner la recette. Cette cérémonie se déroule devant les académies des sciences et des beaux arts, ce qui confère à la photographie son double statut artistique et documentaire.
25 janvier William Henry Fox Talbot, qui ne connait pas les détails techniques de la méthode de Daguerre, réclame l'antériorité de ses recherches et présente à la Royal Academy de Londres ses "dessins photogéniques".
Début février, Hippolyte Bayard (1801-1887), employé du ministère des Finances, commence des recherches pour obtenir des photographies sur support papier et obtient le 20 mars des images directement positives dans la chambre obscure (positifs directs).
15 juin Le ministre de l'Intérieur, Tanneguy Duchâtel, présente devant la Chambre des députés l'exposé des motifs et projet de loi relatif à l'achat du daguerréotype par l'État français ("loi Daguerre").
7 juillet Plusieurs daguerréotypes sont exposés à la Chambre des députés.
7 août Après les votes de la Chambre des députés et celle des pairs, le roi Louis-Philippe entérine la "Loi Daguerre"
19 août Divulgation du secret du daguerréotype à la séance hebdomadaire de l'Académie des sciences. Le daguerréotype est libre de droit et d'usage dans le monde entier. Au mois de septembre suivant, Daguerre effectue de nombreuses démonstrations et la recette est publiée dans une brochure publiée par la maison Susse Frères, un des fabricants d’appareils pour réaliser des daguerréotypes.
2 novembre Raoul Rochette, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, publie un rapport sur le procédé positif direct d'Hippolyte Bayard.
Grâce au raccourcissement du temps de pause, de nombreux ateliers de portraits au daguerréotype commencent à s'établir dans les grandes villes européennes à l'instar de Louis Auguste Bisson (1814-1876), architecte de formation, qui fonde à Paris un atelier avec son père, Louis-François Bisson (1795-1865).
18 octobre Hippolyte Bayard réalise trois autoportraits en positif direct, dont l'un est connu sous le nom d'Autoportrait en noyé. L'image ne semble pas exposée de son vivant.
The pencil of nature d’Henry Fox Talbot : premier livre de photographies. Talbot est l'inventeur du calotype, premier procédé photographique qui permet de reproduire des images photographiques à partir d'un "négatif".
La Mission Héliographique parcourt la France pour recenser son patrimoine architectural et ses ressources culturelles.
Eugène Disdéri met en œuvre le portrait format carte de visite, premier support d’une grande médiatisation.
Gustave Le Gray (1820-1884) rencontre un grand succès avec ses Marines, photographies de grand format réalisées avec la technique du collodion humide.
Julia Margaret Cameron, membre de la Royal Photographic Society of London, est une des premières artistes photographes reconnues pour son œuvre photographique, annonçant le pictorialisme.
Eadweard Muybridge invente la chronophotographie, qui permet la décomposition du mouvement et constitue une approche de ce que sera le cinéma.
La similigravure rend possible l’impression d’images.
L’apparition de la Box Kodak, premier boitier photographique inventé par George Eastman, permet une pratique accessible à un plus grand public.
Le Pictorialisme, premier grand mouvement artistique en photographie, né en Angleterre avec l'idée de réintroduire la main de l’homme dans la création d’images photographiques pour en revendiquer le caractère artistique et s'éloigner de la pure reproduction mécanique.
Aux États-Unis, un groupe de photographes dont Alfred Stieglitz (1864-1946) et Edward Steichen (1879-1973) fondent le groupe Photo-Secession qui de 1902 à 1917 développe une photographie pictorialiste diffusée dans la revue Camera work et exposée à la galerie 291 à New-York .
En France, Robert Demachy (1859-1936) chef de file des pictorialistes, est entouré au sein du Photo-Club de Paris de Constant Puyo (1857 -1933) ou de Céline Laguarde (1873-1961).
Eugène Atget (1857-1927), à Paris, commence à photographier les quartiers anciens et les petits métiers qui tendent à disparaitre.
Mise au point de l’autochrome des Frères Lumière, premier procédé couleurs.
Le banquier Albert Kahn engage de 1909 à 1931 un vaste projet de documentation photographique utilisant l'autochrome, les Archives de la Planète.
Les premiers photomontages accompagnent avec Raoul Hausmann les créations du mouvement dada.
Une nouvelle version du magazine Harper’s Bazaar accueille les pionniers de la photo de mode, tels le Baron de Meyer ou Edward Steichen.
Le premier appareil Leica 24x36 rend plus facile le travail de reportage.
La photographe Tina Modotti (1896-1942), entre au Parti communiste mexicain et cherche avec sa photographie engagée à rendre compte de la réalité sociale au Mexique.
En Allemagne, Laszlo Moholy-Nagy, enseignant à l'école du Bauhaus, publie "Peinture. Photographie. Film".
La Nouvelle Objectivité, proche du Bauhaus, approche la beauté de l’objet social autour de Albert Renger Patzsch et Karl Blossfeldt. August Sander donne à voir la société moderne à travers son œuvre, Hommes du XXe siècle, véritable inventaire des femmes et des hommes de l'Allemagne des années 20.
Exposition "Film und Foto Stuttgart" : László Moholy-Nagy (1895-1946) sélectionne des photographes (Alexander Rodtchenko, Germaine Krull, Edward Weston, François Kollar, Pierre Boucher, etc) qui développent une même démarche plus frontale permise notamment par la légèreté des nouveaux appareils. Le mouvement de la Nouvelle vision est né.
En France, des femmes photographes comme Florence Henri, Ergy Landau s'emparent du médium photographique pour rendre compte de cette ère moderne industrielle et technique.
Invention du Rolleiflex, appareil réflex à deux objectifs utilisant des pellicules de format 6x6 cm.
Margaret Bourke-White ( 1904-1971), photoreporter pionnière américaine, réalise un reportage de 6 mois en Russie pour le magazine Fortune. Bourke-White travaillera plus tard pour le magazine LIFE et couvrira, en 1945, la libération des camps de concentration.
Harold Eugene Edgerton met au point le flash électronique permettant de saisir des mouvements invisibles à l’œil nu.
Ansel Adams et Edward Weston fondent le groupe f.64, pour la photographie « pure » (straight), entièrement conçue dès la prise de vue, et restituant la vision de l’auteur.
En France, Laure Albin Guillot (1879-1962), photographe indépendante prolifique (mode, publicité, portraits d'artistes, etc.) fonde la Société des artistes photographes et dirige, l'année suivante, la Cinémathèque nationale au Palais de Chaillot.
Campagne de la Farm Security Administration, avec notamment Walker Evans et Dorothea Lange, qui modifie la vision de la société américaine sur ses paysans.
La parution du magazine Life donne des espaces de publication aux essais photographiques.
Bérénice Abbot et Paul Strand créent la Photo League de New York.
Ouverture du département photographie du Museum Of Modern Art à New York.
Les photographes tel Lee Miller présents à l’ouverture des camps de concentration nazis témoignent de leur horreur.
Création de l’agence Magnum par Henri Cartier-Bresson et ses amis reporters : Robert Capa et David Seymour.
Invention du Polaroïd.
L’exposition manifeste « The Family of man » organisée par Edward Steichen au MOMA montre le triomphe international de la photo humaniste.
Publication Les américains de Robert Frank.
Ouverture de l’International Center of Photography à New York.
Exposition «New document» MOMA (New York). Diane Arbus, Lee Friedlander, Gary Winogrand approchent en auteurs un documentaire à l'esthétique forte.
Les photos de la Guerre du Vietnam prises par Don Mac Cullin ou Nik Ut sont de plus en plus diffusées et fragilisent les Etats-Unis.
Début de la collection photographique de la Bibliothèque Nationale de France par Jean-Claude Lemagny.
Création des Rencontres d’Arles.
Ouverture du Musée Nicéphore Nièpce à Châlon sur Saône.
Inauguration de la galerie municipale du Château d’Eau à Toulouse
Musée de l’Elysée à Lausanne.
Premier Mois de la Photographie à Paris.
Exposition « Ils se disent peintres, ils se disent photographes ».
Publication de La chambre claire de Roland Barthes.
Ouverture de l’Ecole Nationale de la photographie à Arles par Alain Desvergnes .
150° anniversaire de l’invention de la photographie.
« L'invention d’un art » : première exposition de photographie au 5° étage du Centre Georges Pompidou
La DATAR (délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) passe commande à 12 photographes, pour dresser un état des lieux du paysage français.
Ouverture du premier festival de photojournalisme "Visa pour l'image" à Perpignan.
L’exposition "Passages de l’image" au Centre Georges Pompidou mêle photos mises en scène, installations et vidéo.
Création de la Maison Européenne de la Photographie à Paris.
Généralisation des appareils numériques.
Exposition « Enfermement » à la MEP, commissaire d'exposition : Bernard Lamarche-Vadel
Exposition « Family of man, the 90’s » Casino Centre d’Art Contemporain, Luxembourg. Relecture par les plasticiens des valeurs humaines.
Ouverture du Studio National des Arts du Fresnoy par Alain Fleisher.
Premières Rencontres de la Photographie Africaine à Bamako, Mali.
Création du Fotomuseum de Wintherthur (CH).
Exposition « Diane Arbus revelations » Moma (USA).
Exposition de Sophie Calle "M’as-tu vue".
Orlan créatrice de l’art corporel expose au Centre National de la Photographie.
Inauguration du site du Jeu de Paume, Paris.
Le téléphone portable appelé aussi photophone permet un autre mode de diffusion des images numériques.
L'exposition "Foto Povera" revendique l’utilisation d’appareils de qualité médiocre.
Rétrospective Dieter Appelt au Musée Réattu, Arles.
Jeff Wall au MOMA (USA).
Alec Soth au Jeu de Paume, Paris.
« Objectivités, La photographie à Dusseldorf » Musée d’Art Moderne Ville de Paris montre l’influence de l’école de Dusseldorf, pour une autre objectivité.
« Rose boréal » La Helsinki school à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris.
L’artiste plasticien Christian Boltanki représente la France à la Biennale de Venise.
ICONOS photo, Répertoire des collections et archives du patrimoine photographique français
Frise chronologique des Rencontres d'Arles
Petite histoire de la photographie de Walter Benjamin
Photographica, revue semestrielle dédiée à l’histoire de la photographie
Études photographiques, revue éditée par la Société française de photographie de 1996 à 2017
Repère réalisé par Christian Gattinoni, Curateur et critique d'art spécialisé en photographie