Qui était Auguste Renoir ? À travers 10 œuvres emblématiques, retraçons le parcours de celui qui peignait le « Bal du Moulin de la Galette » il y a 150 ans (1841-1919).
La Grenouillère (1869)
Durant l'été 1869, Auguste Renoir et Claude Monet se retrouvent sur les bords de la Seine et peignent en plein air La Grenouillère, un établissement flottant où bourgeoisie et classes populaires venaient se baigner et canoter.
Quelques années avant la première exposition impressionniste, organisée dans l’atelier du photographe Nadar en 1874, ces deux tableaux présentent déjà toutes les caractéristiques majeures de l'impressionnisme. Ils marquent une rupture nette avec les conventions académiques de l’époque : travail en plein air, juxtaposition de petites touches, visibles, libres et rapides, contours peu marqués, fascination pour la lumière et ses reflets sur l'eau, représentation de la vie quotidienne.
Le sujet est identique : une scène de loisirs banale. Le point de vue est le même, mais la composition et le traitement de la lumière diffèrent. On voit ainsi poindre dans ces deux versions de la Grenouillère deux styles impressionnistes distincts.
Dans le tableau de Monet, le sujet principal est l'eau et les jeux de lumière à sa surface. Celle-ci occupe le premier plan : des touches rapides et colorées, en forme de virgules, traduisent parfaitement les ondulations de l'eau. Le "camembert", un îlot autour d'un arbre unique relié au bateau-restaurant par de simples planches, apparaît au second plan, dans la deuxième partie du tableau. Les personnages sont à peine esquissés, par quelques coups de pinceau. La critique de l’époque y verra d’ailleurs un tableau inachevé.
Chez Renoir, la scène principale se concentre sur le "camembert". Celui-ci est positionné plus bas dans la toile, les personnages sont plus nets, l'animation y est plus perceptible. On devine aussi à l'arrière-plan l'effervescence sur les différentes embarcations. L'eau y est plus sombre que chez Monet.
Si Renoir délaisse progressivement le paysage pour se consacrer à la figure humaine, et plus particulièrement à celle de la femme, ces scènes de plein air qu’il exécute au bord de la Seine sont pourtant capitales. Avec La Grenouillère, il signe l'une des icônes de l’impressionnisme, image lumineuse d’un moment suspendu.
Le Pont Neuf (1872)
Avec Le Pont Neuf, Auguste Renoir traite d'un nouveau sujet qui va enthousiasmer les impressionnistes : la ville et son effervescence.
Installé à l'étage d'un café surplombant le plus vieux pont de Paris, il offre une vue en plongée et capture l'animation qui y règne. Piétons, chiens, fiacres, calèches, omnibus à chevaux et marchands s’y croisent dans un joyeux désordre. Un détail intrigue : un homme coiffé d’un chapeau de paille et muni d’une canne apparaît à deux reprises dans la toile. Il s'agit d'Edmond Renoir, frère et complice de l'artiste. Pour permettre à Auguste de saisir ces instants fugaces, Edmond retenait les passants en leur demandant son chemin. Quelques coups de pinceau rapides, sans contour ni esquisses préparatoires, suffisent à mettre chacun en mouvement.
Le soleil inonde la toile. Grâce à des tons chauds, des bleus vibrants et un jeu subtil d’ombres et de lumière, Renoir fixe l'instant passager d'une journée d'été. C'est la même effervescente et impression fugace qu'il représente trois ans plus tard dans Les Grands Boulevards.
Cette fascination pour Paris est partagée par d’autres impressionnistes. Leurs toiles témoignent des transformations haussmanniennes du Second Empire, à travers des œuvres emblématiques :
- Quai du Louvre (1867), Le Pont Neuf (1871), Boulevard des Capucines (1873-74) par Claude Monet.
- Rue de Paris, temps de pluie (1877) ou Rue Halévy, vue d'un sixième étage (1878) de Gustave Caillebotte.
- Les boulevards extérieurs, effets de neige (1879) ou la série des Boulevard Montmartre (1897) par Pissarro.
La Danseuse (1874)
1874 marque la naissance officielle de l’impressionnisme avec la première exposition indépendante de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs. Elle se déroule dans l'atelier du photographe Nadar, en marge du Salon officiel. Renoir y présente sept œuvres, parmi lesquelles La Danseuse.
Si le thème évoque les danseuses d'Edgar Degas, son traitement en diffère radicalement. Ce portrait en grand format (142,5 × 94,5 cm), met en valeur la grâce et la jeunesse du modèle, qui pose dans l'atelier de l'artiste. Renoir y explore surtout le rendu des couleurs et de la matière, notamment celle du tutu, dont on perçoit la fluidité et la transparence vaporeuse.
Degas, quant à lui, dépeint la rudesse du travail des danseuses, leur fatigue, l'atmosphère des coulisses ou des répétitions. Ses compositions, souvent plus larges, font la part belle à la scène, aux coulisses de l'Opéra de Paris ou à une salle de classe.
Contrairement aux œuvres de ses contemporains, La Danseuse de Renoir est plutôt bien accueillie par le public. Acquise dès 1878 par Charles Deudon, elle rejoint ensuite, en 1899, la collection de Paul Durand-Ruel.
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La classe de danse, d'Edgar Degas :
https://www.panoramadelart.com/la-classe-de-danse-degas
Comment Degas renouvelle-t-il la peinture des danseuses de l’Opéra ? Comment traduit-il le corps en mouvement ? En quoi son art de l’instantané n’est-il pas celui du spontané ?
Panorama de l'art - RMN -
A travers quelque quatre-vingt tableaux, dessins, photographies et documents, l’exposition retrace un moment crucial, de la fin des années 1860 au début du XXe siècle, où une avant-garde artistique accède à une reconnaissance internationale sous l’impulsion d’un marchand entreprenant et inventif. Ce dossier pédagogique nous propose une rencontre avec Paul Durand-Ruel pour découvrir l'impressionnisme et le marché de l'art d'hier à aujourd'hui.
https://museeduluxembourg.fr/sites/luxembourg/files/DOSSIER_PEDAGOGIQUE_PDR_VF.pdf
Le Bal du Moulin de la Galette (1876)
Le Bal du moulin de la Galette est probablement l'une des œuvres les plus connues d'Auguste Renoir et sans doute l'un des tableaux qui valut à Renoir le titre de « peintre du bonheur ».
En 1876, l'artiste s'installe à Montmartre au 12 rue Cortot (qui deviendra l'actuel musée de Montmartre). À quelques pas de chez lui se trouve ce bal champêtre et populaire. Renoir y représente de nombreux inconnus (ouvriers et ouvrières, couturières, étudiants, etc.) et quelques amis, mais cherche avant tout à capturer une atmosphère joyeuse et vivante. Grâce à des petites touches rapides et colorées, les contours des formes s'estompent et la lumière valse avec les danseurs. C’est précisément ce style qui lui vaut, lors de l’exposition impressionniste de 1877, des critiques acerbes.
Peinte il y a 150 ans, cette toile incarne parfaitement l'esprit impressionniste : peinture en plein air, touches vibrantes, lumière, représentation de la vie moderne avec ses foules, ses loisirs (guinguettes, bals, etc.).
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Il y a 150 ans, Auguste Renoir peignait le « Bal du Moulin de la Galette » : Une analyse d'œuvre à l'occasion de l'exposition « Renoir et l'amour. La modernité heureuse (1865-1885) » au musée d'Orsay.
https://www.musee-orsay.fr/fr/magazine/2026-03-30/il-y-150-ans-auguste-renoir-peignait-le-bal-du-moulin-de-la-galette -
Le site "L'Histoire par l'image" propose une étude comparée de deux toiles ayant pour même sujet "Le Moulin de la Galette" : l'une est peinte par Renoir, impressionniste, l'autre par Kees Van Dongen, fauve. Une animation vidéo complète l'étude. (d'après www.histoire-image.fr)
https://histoire-image.org/etudes/moulin-galette
La Balançoire (1876)
La Balançoire est une œuvre contemporaine du Bal du moulin de la Galette et présente de nombreuses similitudes.
Renoir peint La Balançoire dans le jardin de la rue Cortot, où il travaillait. On y retrouve Jeanne, le modèle qui apparaît également dans Le Bal du moulin de la Galette, aux côtés de sa sœur Estelle. Certains amis artistes sont à nouveau présents, notamment le peintre Norbert Goeneutte, qui admire Jeanne appuyé à l'arbre. L'ambiance est aussi joyeuse, reflétant les loisirs de la bourgeoisie et de la bohème montmartroise. Alors que Le Bal du moulin de la Galette dépeint une scène collective et animée, La Balançoire capture un moment plus intime où les échanges de regards laissent au spectateur le loisir d’imaginer les relations entre les personnages.
La lumière est là encore le deuxième sujet du tableau. Elle traverse le feuillage et semble danser sur la robe blanche de Jeanne, comme elle valsait au Moulin de la Galette. Renoir la maîtrise avec virtuosité, grâce à des touches rapides et colorées : les ombres, chez lui, ne sont jamais grises ou noires (le noir est absent de sa palette), mais plutôt bleues ou violettes, vibrantes et lumineuses.
Présentée, elle aussi, lors de l’exposition impressionniste de 1877, La Balançoire a suscité des réactions aussi mitigées que celles réservées au Bal du moulin de la Galette. Ensemble, ces deux toiles illustrent l’apogée de la période impressionniste de Renoir.
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Par une belle journée ensoleillée, une toute jeune femme se balance. Qui donc est cette jeune personne ? Où le peintre l’a-t-il rencontrée ? Contemporaine du célèbre Bal au Moulin de la Galette, l’œuvre s’inscrit au cœur de la période impressionniste d'Auguste Renoir. (Panorama de l'art)
https://www.panoramadelart.com/renoir-balancoire
Madame Charpentier et ses enfants (1878)
Après avoir participé à trois expositions impressionnistes, Renoir renonce à exposer aux côtés de ses amis et se tourne de nouveau vers le Salon officiel. En 1878, il y présente une toile intitulée Au Café. En 1879, grâce aux mécènes que sont les Charpentier, il y expose le portrait de Madame Charpentier et ses enfants, qui lui vaut un franc succès.
Les Charpentier sont en effet des figures marquantes du Paris littéraire de l'époque : Georges, éditeur de renom, publie des auteurs majeurs tels que Zola, Flaubert ou Maupassant. Marguerite, quant à elle, anime un salon où les idées circulent librement, où l’on débat de politique, d’art ou de littérature, et où se côtoient artistes et intellectuels.
En quête de reconnaissance, Renoir peint le portrait mondain d'une femme d'influence, élégante, mais également une scène intime et chaleureuse : les enfants Georgette et Paul, coiffés et vêtus à l'identique, ainsi qu’un gros chien au regard débonnaire, sous le regard attendri d'une mère affectueuse.
Dès lors, sa renommée s'affirme, en France comme à l'étranger, et d'autres mécènes ou collectionneurs lui passent commandes.
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Le musée Paul Dini propose de revenir sur l'histoire du Salon Officiel.
https://musee-paul-dini.com/wp-content/uploads/2018/05/fichesdesalle-salon-officiel_HD-v2.pdf
Le Déjeuner des canotiers (1881)
Le Déjeuner des canotiers est sans doute l’un des plus grands chefs-d’œuvre d’Auguste Renoir. Le collectionneur Duncan Phillips ne s'y trompe pas lorsqu'il acquiert le tableau en 1923. Cette toile incarne à merveille l’idéal impressionniste en capturant l’instant fugace d’un moment de loisir et de joie partagée.
Renoir y confirme une fois de plus son statut de peintre de la vie moderne. La scène se déroule sur la terrasse du restaurant Fournaise, en bord de Seine à Chatou, un lieu très prisé par la bourgeoisie parisienne, mais aussi par les artistes et les canotiers. L’artiste y témoigne d’une certaine mixité sociale, encore émergente dans une société en pleine mutation : tous se côtoient pour canoter et déjeuner ensemble. Avec cette œuvre, Renoir est l’un des premiers à représenter une scène de la vie quotidienne, une joie populaire, sur un format aussi imposant (la toile mesure 1,30 mètre sur 1,76 mètre).
L’artiste nous invite à partager un moment d’intimité et de convivialité, dans un lieu où se tissent des liens humains. Les personnages représentés sont ses proches : journalistes, actrices, banquiers, ou encore les enfants du propriétaire du restaurant Fournaise. Tous sont unis par des regards, des gestes, des objets ou des couleurs. On reconnaît notamment le peintre Gustave Caillebotte, assis à l’envers sur sa chaise au premier plan, qui observe Aline Charigot, future épouse de Renoir, en train de caresser son chien.
Parmi les thèmes chers aux impressionnistes, la lumière et ses reflets occupent une place centrale. La lumière passe à travers les feuillages et le store, créant des jeux d’ombre qui animent la nappe, les visages et les vêtements. Les couleurs, chaudes et vibrantes, expriment une gaieté diffuse. Grâce à des touches de pinceau souples et précises, Renoir restitue à la perfection les reflets de la lumière sur les verres étincelants, les bouteilles et les fruits.
Présentée en 1882 lors de la septième exposition des peintres impressionnistes, cette toile a d’abord appartenu au collectionneur Paul Durand-Ruel jusqu’à sa mort. Depuis 1923, elle est conservée à la Phillips Collection, à Washington.
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A travers quelque quatre-vingt tableaux, dessins, photographies et documents, l’exposition retrace un moment crucial, de la fin des années 1860 au début du XXe siècle, où une avant-garde artistique accède à une reconnaissance internationale sous l’impulsion d’un marchand entreprenant et inventif. Ce dossier pédagogique nous propose une rencontre avec Paul Durand-Ruel pour découvrir l'impressionnisme et le marché de l'art d'hier à aujourd'hui.
https://museeduluxembourg.fr/sites/luxembourg/files/DOSSIER_PEDAGOGIQUE_PDR_VF.pdf
Les Baigneuses (de 1881 à 1918)
Au début des années 1880, Renoir traverse une crise artistique, il a l'impression d'être dans une "impasse" et d'avoir fait le tour de l'impressionnisme. Il entame un voyage en Italie pendant lequel il redécouvre l'art antique romain ou la Renaissance italienne et qui le mène sur les traces des grands maîtres tels que Raphaël. Il s'en inspire pour représenter ses baigneuses, motif qui traverse son œuvre et témoigne de son amour des femmes.
Il rompt alors avec l'impressionnisme et revient au classicisme. On parle alors de la période ingresque de Renoir : les contours redeviennent précis, les formes plus nettes.
De 1884 à 1887, il travaille à ses Grandes baigneuses, s'inspirant du bas-relief du Bain des Nymphes de François Girardon, du bassin de Diane de Versailles. Il multiplie les études préparatoires, à l'encontre de la spontanéité de l'impressionnisme.
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Si Auguste Renoir (1841-1919) est depuis longtemps célébré comme l’un des grands peintres du XIXe siècle et comme un maître de la couleur, ses dessins et, plus largement, ses œuvres sur papier restent méconnus. Pourtant, de ses années de formation jusqu’à ses derniers jours, il n’a cessé de dessiner. Cette exposition – la première depuis 1921 consacrée aux dessins de Renoir – dévoile son processus de travail en réunissant des exemples majeurs, souvent inédits, de tous les médiums employés par l’artiste : plume et encre, crayon noir, graphite, fusain, sanguine et craie, pastels, aquarelle, mais aussi eau-forte et lithographie. Elle offre une immersion dans l’intimité de sa création, au plus près de ses recherches sur la lumière, la forme et la couleur. (Audio)
https://www.musee-orsay.fr/fr/programme/agenda/expositions/presentation/renoir-dessinateur
Danse à Bougival (1883)






