Joséphine Baker fut à la fois danseuse, chanteuse, actrice, meneuse de revue et résistante durant la Seconde Guerre mondiale. Figure artistique emblématique des années folles, elle est aussi connue pour son engagement politique. Elle devient la sixième femme à entrer au Panthéon le 30 novembre 2021.

Josephine Baker (1906- 1975)

Stanislaus Julian Walery, Josephine Baker (1906- 1975), National Portrait Gallery, Smithsonian Institution, 1926

Joséphine Baker est née à Saint Louis dans le Missouri aux États-Unis le 3 juin 1906. Durant son adolescence, elle travaille au service de riches familles américaines et elle s’intéresse à la danse. Dès ses 14 ans, elle se produit sur scène dans de petites salles de spectacles new-yorkaises. En 1925, elle décide de s’installer à Paris car elle considère que la condition des personnes noires est meilleure en France

« Un jour, confiera-t-elle plus tard, j'ai réalisé que j'habitais dans un pays où j'avais peur d'être noire. C'était un pays réservé aux Blancs. Il n'y avait pas de place pour les Noirs. J'étouffais aux États-Unis. Beaucoup d'entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris ».

Dès son arrivée à Paris, elle se produit au théâtre des Champs-Élysées et devient danseuse pour la Revue nègre. Ces prestations rencontrent un grand succès et suscitent un réel engouement du tout Paris. Ses danses se moquent des stéréotypes coloniaux et de l’exotisme. Elle devient une icône des Années folles : durant cette période les peintres cubistes découvrent « l’art nègre » et voient en Joséphine Baker une muse.

Au cours des années 1926-1933, Alexander Calder par exemple réalise cinq sculptures de Joséphine Baker. Ses sculptures en fil de fer s'attachent à restituer le mouvement de la danseuse.

 

Tout au long de sa vie, Joséphine Baker utilise sa notoriété pour ses combats politiques.
En 1939, lors de la Seconde Guerre Mondiale, elle s’engage dans la résistance, au service de la France libre en tant qu’agent de contre-espionnage français. En 1943, elle devient titulaire d’un brevet de pilotage et est nommée sous-lieutenant des forces françaises aériennes libres. Pendant cette période, elle continue de chanter bénévolement pour les troupes françaises au Maroc.

Durant l’occupation nazie, elle ne pourra plus se produire sur scène en France du fait de ses origines et de son engagement politique.

Après la Seconde Guerre mondiale, Joséphine est reconnue en France comme une artiste engagée. En 1961, elle reçoit la légion d’honneur et la croix de guerre pour son engagement dans la résistance.

Durant les années 1960, elle s’engage pour la cause antiraciste. Elle milite pour les mouvements civiques aux Etats-Unis et participe à la marche de Washington de 1963 au côté de Martin Luther King.  Elle critique l’apartheid en Afrique du Sud, régime ségrégationniste qui discrimine les populations noires sud-africaines.
Elle séjourne en France au château de Milandes en Dordogne avec ses 12 enfants adoptés, de toutes origines, qu’elle surnomme « la communauté arc en ciel ». Elle continue de chanter sur scène pour subvenir à ses besoins.
Elle meurt en 1975 à Paris à l’hôpital de la Salpetrière.